Ça ne peut plus durer, MIREILLE DUMAS

Publié le par Double F

Coluche disait des politiciens que la longueur de leur réponse faisait oublier la question qu’on venait de leur poser. L’inflation des longueurs frappe dorénavant les questions des journaleux et présentateurs de télé. Selon diverses variantes : questions plus longues que les réponses, sens de la réponse suggéré dans la question, voire réponse déjà formulée dans la question... Le comble est atteint lorsque “l’interviouveur” n’écoute pas la réponse ou ne cesse d’interrompre son interlocuteur pour le bombarder de questions subsidiaires, sans même lui laisser le temps de former une phrase complète. La plus torturée du genre est peut-être Mireille Dumas. Ton monocorde, moralisateur, crispant et tendu, regard perçant et rivé sur "l’interviouvé", maintien rigide de l’ensemble buste-nuque-tête, bras serrés le long du corps, ouvrant une perspective sur un décolleté aussi ringard que pigeonnant.... Toutes proportions gardées, sa posture a quelques chose du rapace juché sur sa proie. Périodiquement, un bras se détache en soutien de l’argumentation, le coude se pose sur la table, tandis que la main pointe un index accusateur. Le plus insupportable est sa façon de poser des questions à rallonge. L’interlocuteur, agacé, tente de l’interrompre, de s’infiltrer dans les interstices, de livrer une réponse intermittente, mais rien n’y fait : la directrice ne lâche plus le morceau. Mireille Dumas ne se contente pas de guider vers l’aveu attendu, elle brosse des portraits psychologiques, entame des psychanalyses, dresse des réquisitoires. En public, d’où le malaise. Ses invités se trouvent acculés à balbutier des oui ou des non en guise de point final à ses démonstrations. Une dose de cynisme et d’indécence apparaît lorsqu’elle interroge, mardi dernier, Véronique Sanson sur son problème avec l’alcool. Il saute aux yeux que la chanteuse est éméchée. Mireille Dumas fait mine de ne rien voir, et continue de la questionner à jet continu, lui demandant d’argumenter, de préciser, de moduler sa pensée, alors que l’artiste n’est manifestement pas en état de le faire : ses réponses son binaires, peu étayées et appuyées par de grands gestes mal coordonnés et inadaptés. Véronique Sanson aurait mieux fait de rester chez elle ce soir-là. Mireille Dumas aussi. Puisqu'on est dans la pathologie, relevons sa manière de terminer son émission et de dire au revoir aux téléspectateurs : pas un sourire, un regard exhorbité, et un lancement du générique qui donne presque l’impression de la couper tout net, après sa très courte phrase de fin : “Quant à nous, nous nous retrouvons mardi prochain.” Tout cela est très calculé. L’animatrice souhaite sûrement se démarquer des fins d’émissions noyées sous les applaudissements et les cris du public. Pourquoi pas. Mais cette “signature” est singulière, et donne l’impression, pour faire simple, que Mireille Dumas a besoin, elle aussi, d’un psy.
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Publié dans Moto

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